mercoledì, ottobre 19, 2016

 

Irak: Les chrétiens de Qaraqosh fêtent la libération de leur ville

By Cath.Ch (Suisse)
Jacques Berset


Les djihadistes sunnites de Daech, l’acronyme arabe de l’Etat islamique, s’étaient emparés des agglomérations chrétiennes de la Plaine de Ninive dans la nuit du 6 au 7 août 2014, jetant sur les routes de l’exil quelque 50’000 chrétiens fuyant les exactions des terroristes.
Lancée le lundi 17 octobre, l’opération de libération de Mossoul, la deuxième ville d’Irak, encore sous l’emprise de Daech, se poursuit. Elle est menée par quelque 30’000 soldats de l’armée irakienne, des milices chiites et sunnites et plusieurs milliers de peshmergas kurdes.
Mercredi 19 octobre, les forces irakiennes, entrées la veille dans plusieurs quartiers de Qaraqosh, se heurtaient toujours à la résistance de djihadistes retranchés dans les maisons.

Destruction systématique du patrimoine religieux et culturel

Depuis que la ville de Mossoul est tombée dans les mains de l’Etat islamique en juin 2014, le groupe terroriste s’est attaché à détruire le patrimoine architectural de la ville irakienne, visant non seulement de nombreuses églises et monastères chrétiens, mais également d’autres sites de pèlerinage musulmans ainsi des vestiges archéologiques et des monuments assyriens. Avant la guerre d’Irak de 2003, la ville de Mossoul, où cohabitaient aux côtés d’une majorité sunnite des minorités, chrétiennes, shabaks, kurdes, assyriennes, arméniennes et turkmènes, comptait plus de quarante églises et monastères.

Plaidoyer pour la réconciliation entre les communautés déchirées

Saluant les efforts en vue de la libération de Mossoul –”une des villes historiques les plus  importantes de l’Irak” – et de la Plaine de Ninive, Mgr Louis Raphael Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens et  président de la Conférence épiscopale catholique irakienne, a lancé un appel solennel à la réconciliation des Irakiens. Ils forment “une unique famille”, malgré leurs différentes affiliations, a-t-il souligné dans son message.
Le patriarche chaldéen a encore demandé d’éviter les voix de la division, les positions radicales et les fractures qui commencent à émerger. Il a finalement exhorté ses compatriotes à “aplanir le chemin vers une réconciliation communautaire authentique, sous le signe de l’amour, de la paix et de la libération de toutes les terres occupées”.
Les minorités chrétiennes, yézidies et shabaks, qui ont été persécutées par Daech dans la ville de Mossoul et dans les villages de la Plaine de Ninive et des régions prises par les djihadistes, ne sont pas rassurées. Elles se méfient désormais de leurs voisins sunnites, qui ont parfois participé à leur éviction de leurs maisons.

“Beaucoup de nos voisins ont été des sympathisants de Daech”

Entre les communautés, une cassure s’est faite. “Beaucoup de nos voisins ont été eux-mêmes des membres ou des sympathisants de Daech, qui ont démoli des églises, des maisons, des symboles religieux et sociaux de la région, que ce soit dans les villes chrétiennes ou dans la ville même de Mossoul”, relève sur les ondes de Radio Vatican Mgr Georges Casmoussa, ancien archevêque syriaque-catholique de Mossoul, et lui-même originaire de la ville de Qaraqosh.
Pour l’archevêque émérite, il ne sera pas facile de vivre pacifiquement entre les communautés alors que les blessures sont encore fraîches. Il faudra du temps, des garanties et des mesures du gouvernement central à Bagdad pour éviter l’ingérence et la mainmise d’un groupe sur les autres, et créer les bases de la convivialité entre toutes les communautés. Mgr Casmoussa met également en garde contre l’ingérence de pays voisins qui restent en arrière-plan, mais qui tirent les ficelles.

Attention aux ingérences étrangères

Il faut que la communauté internationale comprenne, ajoute-t-il, qu’il n’y aura pas d’équilibre possible à l’intérieur de l’Irak sans maîtriser la mainmise politique des voisins du Nord, de l’Est ou du Sud.
L’archevêque émérite de Mossoul plaide pour que le pays sorte de l’esprit de majorité/minorités, afin de considérer les Irakiens en tant que citoyens d’un même pays. “A partir de ce moment-là, on pourra construire une société qui se respecte, car le premier principe doit être le respect de l’autre, de ses traditions, de sa culture, de son entité. La différenciation des cultures, même des religions, ne doit pas être un obstacle pour la convivialité des citoyens. Il faut bannir absolument la suprématie d’une religion sur d’autres!”

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