giovedì, settembre 22, 2016

 

Interview du frère Youssef Majid, dominicain à Bagdad


Frère Youssef Majid est dominicain en Irak. En mission à Bagdad depuis 2010, il s'en ira dans quelques semaines auprès des réfugiés dans la périphérie d'Erbil à Ankawa. Là, les dominicains veulent en effet fonder une nouvelle communauté après avoir été chassé de plusieurs villes par le groupe terroriste Daech. Interview.

Je suis le frère Youssef Majid, un frère dominicain. Depuis 2001, j’ai fait ma profession dans l’Ordre des prêcheurs. Je suis né à Bagdad, dans une famille catholique très pratiquante. C’est une joie pour moi d’avoir reçu ce don de la foi depuis la naissance, c’est une grâce. J’ai poursuivi mes études en Irak, puis j’ai effectué le service militaire et j’ai travaillé un peu. Ce n’est que plus tard que j’ai fréquenté le couvent des Dominicains à Bagdad. Ensuite, j’ai suivi des études théologiques à Lille et je suis allé au Canada pour réaliser ma maîtrise de théologie. J’ai été ordonné prêtre en France à la cathédrale de Strasbourg. Depuis 2010, le Provincial m’a envoyé à Bagdad pour être au couvent avec les frères et surtout pour prêcher.
Quelle était votre mission à Bagdad ?
Ma mission était de travailler et d’être avec les frères (ndlr. Ils sont 4 frères à Bagdad). Nous avons une revue qui existe depuis plus de 50 ans -- la « pensée chrétienne » -- ; j’y travaillais à la rédaction des articles.
Quand je suis arrivé à Bagdad, j’ai été nommé Vicaire épiscopal général pour la mission jeunesse et pour l’éducation de la foi. J’étais aussi membre d’une communauté œcuménique pour refaire le livre de catéchèse pour les icônes de l’État. Nous avons travaillé sur ce projet pendant plus de trois ans. Nous avons élaboré plus de douze livres pour l’école primaire et le secondaire. C’était un travail extraordinaire que je considère comme un miracle pour l’Église en Irak, car nous sommes attaqués par la « maladie du confessionnalisme ». Le fait de travailler avec les frères des autres confessions comme orthodoxes, assyriens… et être d’accord pour faire un livre n’était pas une chose facile mais nous avons tout de même réussi.
En quoi va consister votre nouvelle mission ?
Je commence une nouvelle mission à Ankawa dans la périphérie d’Erbil. Ankawa est une ville où se trouve de nombreux chrétiens, et il est probable que je sois aussi auprès des réfugiés. Par ailleurs j’enseigne à la faculté de théologie de la ville. Nous allons fonder une nouvelle communauté pour prêcher, être avec les familles, les pauvres ; pour manifester la tendresse et la miséricorde de Dieu.
Pourquoi vouloir créer une nouvelle mission ?
En Irak, notre présence dans la ville historique de Mossoul existait depuis 1750 avec l’arrivée des frères italiens (puis les frères français sont arrivés en 1855 et la mission a ensuite été poursuivie par les frères irakiens). Mais comme vous le savez, après l’arrivée de Daech en 2014, les chrétiens ont été chassés de Mossoul, donc c’est à ce moment que nous avons perdu notre présence historique dans la ville. Nous avions une petite maison à Qaraqosh mais la plaine de Ninive est également tombée aux mains de Daech, donc il ne nous reste rien. C’est pour cela qu’aujourd’hui nous devons recommencer la mission, avec beaucoup d’enthousiasme.
Nous vivons dans un pays où la situation est difficile ; les températures sont élevées, nous subissons des coupures d’électricité, la situation économique n’est pas bonne, la sécurité n’existe plus… mais Dieu est là pour nous sauver. Il faut vivre et continuer la mission. Pour moi, c’est l’Espérance.
Parlez-nous d’Ankawa…
Nous serons quatre frères. Il y a de nombreuses paroisses dont les Chaldéens, les Syriaques, les Orthodoxes, les Arméniens, les Assyriens etc… Je ne sais pas exactement combien de personnes cela regroupent. Les chrétiens d’Ankawa sont divisés en deux parties ; les habitants et ceux qui sont venus d’autres villes comme Bagdad ou Mossoul pour y trouver la sécurité. Nous nous occuperons de toutes ces personnes.
Les frères sont-ils déjà arrivés ?
Non pas encore, la mission commencera après le 20 septembre. Nous vivrons parmi la population, nous serons là pour enseigner, prêcher, faire des retraites, préparer les fiancés au mariage, assurer la messe quotidienne. L’Église en Irak suit le mouvement international et l’enseignement de Rome. Il y a de belles choses qui se passent malgré la situation. Les Irakiens sont très attachés à leurs paroisses.

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