lunedì, dicembre 14, 2015

 

Patriarche Sako : « La miséricorde est la manière chrétienne de suivre Jésus »


Le patriarche Louis Raphaël Sako a également été invité par l’Université pontificale urbanienne à intervenir dans le cadre d’une conférence internationale organisée du 10 au 12 décembre sur le thème « Sous le glaive de César ».
Dans une lettre pastorale publiée à l’occasion de l’ouverture de l’année de la miséricorde mardi 8 décembre, le patriarche de Babylone des chaldéens a diffusé une lettre pastorale intitulée « La miséricorde est la manière chrétienne de suivre Jésus ».
« La miséricorde n’est pas un idéal vague, mais un comportement chrétien riche, dynamique et ouvert à la lumière de la foi à la manière de Jésus. Il est sa première proclamation, celle du’kérygme’ », souligne le patriarche Louis Raphaël Sako.
À ses fidèles victimes de la violence de Daech en Irak, chassés de leurs maisons, confrontés à l’émigration, le patriarche rappelle dans cette missive que la mission de l'Église est de « consoler, (...) de ne pas laisser ses enfants blessés par le péché mais de les éduquer, de même que Dieu, qui est père et mère, console et ne se lasse jamais ».
Un changement positif
Selon la théologie de l'Église chaldéenne - l'une des plus anciennes Églises chrétiennes - la foi « est une relation d'amour, une relation mystique, parfois vécue dans le sang (comme une Église martyre) ». La théologie chaldéenne est aussi « fondée sur la grâce, plus grande que le péché ». La miséricorde a donc « une grande place dans la liturgie chaldéenne » par les psaumes notamment, susceptible de créer « un changement positif dans le pécheur, lui donnant confiance et lui permettant de se réconcilier avec Dieu et les autres membres de la communauté ».
« Comme il est beau de montrer amitié, solidarité et soutien à nos frères et sœurs musulmans », lance encore Louis Sako dans cette lettre pastorale. « Nous devons travailler avec eux pour construire une vie commune, en paix et en harmonie. Que notre souffrance partagée devienne une force, de sorte que la tempête puisse passer ! » « Ceci est notre Évangile ! », conclut-il.
Dégradation de la situation des chrétiens au Moyen-Orient
Par ailleurs, invité par l’Université pontificale urbanienne à intervenir dans le cadre d’une conférence internationale organisée du 10 au 12 décembre sur le thème « Sous le glaive de César », le patriarche de Babylone des Chaldéens y a fait le constat d’une « dégradation » de la situation des chrétiens dans plusieurs pays du Moyen-Orient.
Plusieurs raisons l’expliquent selon lui : le fait que la culture chrétienne de « l’amour, du pardon et de la paix est à contre-courant d’une culture de vengeance », mais aussi « les erreurs de la politique occidentale » et plus largement « le vide des valeurs religieuses dans la société occidentale », mais aussi la « corruption » de plusieurs régimes au Moyen-Orient, le manque de formation en matière de démocratie et de liberté et les droits humains, et enfin « la montée d’un islam dans le but d'établir un État islamique selon la loi islamique ».
Responsabilité des autorités religieuses musulmanes
Au passage, le patriarche des Chaldéens a dénoncé à nouveau la loi approuvée par le parlement irakien chez le 27 Octobre 2015 contre laquelle il s’est âprement battu. Celle-ci « force les enfants chrétiens, yézidies ou sabéens à se convertir à l'islam, lorsque l'un des parents déclare être musulman ». Cette loi est « contraire aux valeurs de citoyenneté, endommage l'unité nationale, son pluralisme religieux et le principe de la coexistence », alerte-t-il, et elle contredit aussi « le Coran selon lequel ’il peut y avoir aucune contrainte en religion’ ».
Devant les participants à ce congrès de l’Université urbanienne, le patriarche Sako a énuméré ses propositions : « détruire militairement (...) et vaincre idéologiquement » Daech, établir en Irak « un système civil fondé sur le principe de la citoyenneté et de l'égalité »
À ses yeux, les autorités religieuses musulmanes doivent également « prendre leur pleine responsabilité dans le démantèlement de l'idéologie takfiri, en offrant des programmes modérés de l'enseignement religieux ». Quant à la communauté internationale, ses tribunaux doivent punir à la fois les auteurs des crimes contre les minorités religieuses, mais aussi « ceux qui les financent et les soutiennent ».
« Nous chrétiens, affirmons notre attachement à notre patrie, nous respectons et aimons nos frères musulmans  ; nous souhaitons donc qu'ils s’engagent à faire de même à notre égard », conclut-il.

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